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4.22.2005

La réflexion de mes doigts

Sleep Station me tiennent compagnie. Mes écouteurs sur les oreilles, je me laisse entraîner par la musique, la voix. Ma porte est fermée. Installée à mon bureau, clavier sous les doigts à écrire plein de trucs à plein de monde, je fais le travail buissonnier. Et ce, sans un once de culpabilité.

Je réfléchis. Je pense que je ne suis plus bien dans mon milieu de travail. Je mettais ça sur le compte du tourbillon des derniers mois, mais je suis entrain d'en sortir et je ne me sens pas mieux. Je m'ennuie de l'intervention directe. J'en fais, ici, à l'école, mais c'est différent. Les cas sont généralement plus légers et la moitié viennent me voir parce qu'ils ont des problèmes financiers. Je ne thérapeutise pas ici. J'accompagne.

Ça manque de profondeur. Mon rôle ici est devenu essentiel. C'est un projet qui rapporte énormément. Je suis très contente d'avoir participé à la mise en branle de ce projet. Mais j'ai l'impression de revenir plusieurs années en arrière, quand je faisais de l'intervention de première ligne. Ça manque autant de suivi. La plupart viennent me voir une fois et s'en retournent avec des réponses qu'ils ont trouvé eux-mêmes.

Je pense que je suis rendue plus loin, simplement. Je pensais que la thérapie ne me convenait plus parce que je vivais moi même des choses assez heavy. Mais je me suis trompée. Et là, avec 5 projets sur les bras à gérer, il est trop tard pour simplement dire "je me suis trompée, je veux ravoir mes clients".

Je discute davantage avec des gestionnaires de fonds publics qu'avec des clients. Je remplis plus de paperasses qu'un fonctionnaire qui travaille aux archives nationales. Je joue plus avec des colonnes de chiffres qu'un logiciel de comptabilité. Et tout ça, ça me dérange. Je ne suis pas une gestionnaire. Je suis une sociale, moi. J'ai besoin d'aider les gens. Parce qu'en les aidant, je réponds à tout un tas de besoins. Présentement, c'est presque le néant. Quelques interventions ici, quelques ateliers de formation là bas, ce n'est pas suffisant.

Je n'ai pas envie de ne plus aimer mon boulot. Avant de demander un changement de poste, j'ai pesé les pours et les contres des dizaines de fois. Je ne me suis pas lancée dans cette aventure les yeux fermés, même si j'étais drôlement mêlée quand je l'ai fait. C'est peut-être ça qui a fucké les données. Je n'étais pas en mesure d'évaluer correctement les conséquences possibles. J'avais une petite peur de ne pas aimer ça, mais c'était négligeable comme peur. Mon besoin d'air a faussé mon analyse.

Dans les faits, j'avais besoin d'une pause après la mort d'un de mes clients. J'étais dépassée, anéantie. Ça me rappelait trop la mort de JF. J'ai tout mêlé. Mais le suicide d'un client, ça fait malheureusement partie de la "game". Je travaille avec des gens hautement à risque. Je l'avais perdu de vue. Avec du recul et mes esprits qui cessent de tournailler sans aller nul part, je le sais. Je réalise surtout à quel point je n'y suis pour rien.

Ce matin, pour la première fois depuis des mois, je me sens très "groundée".

Je me dois des excuses. J'en dois à plein de monde, mais d'abord, à moi. J'ai fait des mauvais choix sur le plan professionnel et sur le plan personnel.

Je vois tellement clair ce matin que ça me fait peur!

Je ne pensais pas que ce texte m'amènerait là. Je voulais seulement parler du fait que je fais le travail buissonier ce matin.

Mes doigts m'ont amené là et je les ai suivi. Si je pouvais suivre là où mon coeur et ma tête veulent m'emmener de façon aussi docile, ce serait vraiment bien..

4.21.2005

Rêve presque réel

C'est la première fois que je fais un rêve qui image aussi bien comment je me sentais quand je me suis endormie.

**

Fin de soirée enlacés à se raconter notre journée, à discuter, à se sourire. Parfois sérieusement, parfois en déconnant, se ramenant un à l'autre dès que nos éclats de rire nous éloignent. Je ne sais pas ce qu'on se dit exactement parce qu'une musique digne des films d'amour les plus kétaines enterrent nos voix.

On arrête de parler. Ses lèvres s'approchent des miennes. Dans quelques secondes, on va oublier que la terre existe. La musique joue toujours. Tout est au ralenti. Nos corps s'épousent parfaitement. C'est pas comme dans la vraie vie où il y a parfois un bras de trop ou une jambe engourdie. Non. Tout est parfait. On s'embrasse passionnément. Le volume de la musique monte. Je ne reconnais pas l'air, mais c'est la musique la plus romantique que j'ai entendu!

Ses lèvres murmurent quelque chose. Je lui réponds par un "je t'aime", fraîchement libéré de sa cage. Il me dit que lui aussi. Le moment est tellement fort!

*Bruit d'une porte qui s'ouvre. Bruit de 33 tours qui scratch*

- Ciel, c'est mon ex!

**

4.20.2005

Je t'aime

Depuis quelques jours, je lis Charles de Bazar d'heures. Je dévore chaque mot à en avoir des complexes de la plume! Même les virgules me font frissonner! J'ai accroché à ses écrits grâce à ce texte et aux commentaires qui suivent.

Un des commentaires dit:

Je vois les Je t'aime comme des instantannés, en cela ils sont exclusifs, plus qu'une personne ils s'adressent à un moment.


Voilà. Je pense exactement la même chose. Et ma pensée se complète avec le commentaire de utopiaque:

[...]je pense que de par son esprit (imagination?) l'humain est tout à fait capable d'aimer ce qu'il n'a pas senti, ni même approché d'aucun de ses sens.

Je crois aussi comme vous que l'amour, ou plutôt le "je t'aime", réside dans la densité infinie du Moment... [...]

Le "je t'aime" ne relève de l'exclusivité que par la charge qu'il a héritée du roman et de l'histoire morale et sentimentale des hommes et des femmes. Sinon, c'est une affirmation dont la substance est plus maléable que la formulation.

"je t'aime" n'est pas un sentiment (l'amour non plus, irai-je jusqu'à le dire?) C'est ce qui, communément, sert à exprimer une extase, une plénitude, une fébrilité, un bonheur dont (malheureusement peut-être) on place l'origine et la possibilité dans la présence d'un t', de l'autre. [...]


J'ai été jetée à terre. Il y a un bon moment que j'essaie de comprendre pourquoi j'ai été capable de dire à trois hommes différents, dans une même période de temps "je t'aime". S'ils ont douté de ma sincérité, c'est que j'ai fini par en douter aussi. Parce que c'est pas "normal" de dire "je t'aime" (et de le ressentir, sincèrement!) à trois personnes présentes dans ma vie au même moment.

J'ai douté au point de ne pas l'avoir redit depuis. Pourtant, j'ai vécu des moments forts où j'aurais eu envie de le crier. Mais je le retenais. Parce que mes "je t'aime" font généralement mal. C'est ce qu'on m'a appris.

C'est plus clair pour moi maintenant. C'est tellement ça. Mes "je t'aime" ne supposent pas de "je veux faire ma vie avec toi", "je te veux juste à moi" ou "je suis à toi pour toujours". Quand je dis "je t'aime" à quelqu'un, je veux lui dire que j'aime le moment fort qu'on partage ensemble. J'aime sa présence au point qu'il me manque quand il est "loin". Et quand je dis "présence", je veux juste dire "là". Je ne fais pas référence à la proximité physique. Je fais référence à l'interaction qu'on a à un moment précis. Dans un des commentaires, on parle de cette capacité qu'a l'humain à aimer une personne sans qu'aucun de ses sens ne l'ait approché. J'imagine que ça, il faut le vivre pour le comprendre.

Je ne doute plus. Quand j'ai dit "je t'aime", je le ressentais du plus profond de mon coeur. Chaque fois. D'ailleurs, même avec P, il y avait des lunes qu'il n'y avait pas eu de "je t'aime". Parce qu'il n'y avait plus de moments forts, d'extase, de plénitude, de fébrilité.

J'ai le coeur plus léger. Comprendre ce qui se passe dans notre tête (ou notre coeur, dans ce cas-ci) nous fait vivre un sentiment profond de bien-être. Soudainement, j'ai l'impression d'avoir un certain pouvoir. Et ça me rassure. Illusion? Utopie? Ce soir, ça m'importe peu.

Charles, je t'aime pour les textes que tu publies. Ils sont d'une richesse incroyable et ils m'ont amené vers une certaine paix. Merci!

4.19.2005

Coupure

Il y a des coupures qui font plus mal que d'autres. Des fois, on se coupe très creux. Ça fait très mal. Et ça guérit, un peu. Mais ça laisse une cicatrice.

Je me souviens de la fois où je me suis coupée très creux avec un couteau. Je voulais découper des yeux dans une assiette d'aluminium. J'étais assise sur les genoux de mon père. Il ne m'a pas vu parce qu'il discutait yeux dans les yeux avec une femme-qui-n'était-pas-ma-mère. J'ai passé au travers l'assiette que je tenais bien droite et aussi, au travers mon doigt. Mon père m'a déposé parce que j'allais salir son pantalon avec le sang qui n'attendait qu'une entaille pour gicler de mon corps. J'avais eu très peur. Et j'étais assise par terre, seule, mon père voulant sauver la nappe et sa face devant la femme-qui-n'était-pas-ma-mère. Ça tache du sang, qu'il me disait. J'en porte encore la cicatrice sur le majeur gauche. Une de mes blessures les plus profondes. Elle a guérit, mais chaque fois que je regarde mon majeur gauche, je respire encore l'odeur de la pièce dans laquelle j'étais lors de la blessure. Ça sentait le parfum-qui-pue. Parce que ça ne sent pas toujours bon, le parfum. Quand c'est le parfum d'une femme-qui-n'est-pas-ma-mère, ça pue. Et je sais de quoi je parle, j'en ai senti beaucoup!

Ce soir, j'ai réouvert cette coupure. J'ai cacheté l'enveloppe dans laquelle j'ai déposé un chèque pour mon père avec ce sang. Parce que cette blessure n'a jamais vraiment guéri. Elle s'est même infectée, avec les années. Tantôt, j'y mettrai un pansement. Et un onguent antibiotique, pour prévenir une nouvelle infection. Et ça guérira. Pour de bon cette fois.


Papa,

Voici l'argent que je te dois depuis 10 ans. Je n'avais pas envie de te rembourser parce que c'était symbolique. C'était la seule raison pour laquelle tu me parlais. Tu n'es plus obligé maintenant. Tu peux retourner à tes femmes-qui-ne-sont-pas-ma-mère. Pour tes 55 ans, je te fais le cadeau de sortir de ta vie. Tu l'attends depuis 30 ans, non? Ça m'aura pris ce temps pour me déclarer vaincue. Tu m'as eu. Je ne m'acharne plus. Tu as gagné.

Je t'ai aimé pendant 30 ans. Un amour naïf d'enfant. Je pense que je deviens femme..

Sois heureux R.

Isabelle

PS: Le surplus, c'est pour remplacer la paire de pantalons.

4.18.2005

Abus de plaisir

Tu sais qu'il est temps que tu passes à l'action quand en pliant les doigts de la main droite, tu ressens une douleur aiguë jusque dans le coude.

Exaspérations

J'ai passé la journée en réunion. C'est frustrant de voir la perte de temps. Ça parle de la vente l'Oréal, de la cabane à sucre, de vêtements pour l'événement mondain qui s'en vient.. et parfois, quand ça vient sur le sujet, de job. Je ne m'habitue pas. J'ai beau me préparer mentalement, visualiser la réunion, prendre des grandes respirations, en profiter pour fantasmer en regardant dehors.. rien à faire. Je finis toujours par les menacer de quitter la réunion. Je suis pour l'amusement au travail. Je suis déjà allée travailler avec un nez de clown parce que l'ambiance de travail était nulle suite à un conflit. Faut s'amuser en travaillant, ça, c'est certain. Mais pas dans une réunion qui mobilise 14 personnes et qui prend inutilement l'avant-midi! Ça m'exaspère!

Cet après-midi, c'était mieux. J'animais la réunion et c'était juste ma petite équipe de travail. Le déroulement était efficace. Mais je dois les encadrer énormément. J'ai souvenir que j'étais plus dégourdie.. ou du moins, plus outillée. C'est ma job de les outiller. Mais je ne peux pas me brancher le cerveau sur le leur pour faire un transfert de données! Ça m'exaspère!

La garderie m'a demandé de leur fournir mes dates de vacances avant vendredi. Je veux bien, mais je ne les ai pas. Où je travaille, on décide ça au début mai. Je fais quoi? Et la dame n'avait tellement pas l'air de comprendre. J'haïs ça le monde incompétent. Ça m'exaspère!

Et pour finir, le comble du moral à plat, c'est quand tu feel trop merde pour aller chez le psy. Là, ça commence à être sérieux. Et je m'exaspère quand je n'arrive pas à sourire de ce genre de situation.

4.17.2005

La cabane à sucre, racontée par Mini C

Mots de ma fille.

Mini C est allée à la monosucre (cabane à sucre) aujourd'hui. On y a mangé des oeufs à la queue dur (oeufs cuits dur.. impossible de lui faire comprendre que c'était de l'omelette!), bien arrosés de bureau d'érable (sirop d'érable). Aussi, on a mangé des grands pets dans le bureau (grands-pères dans le sirop) et de la neige de tire (tire sur la neige).

On a aussi fait un tour de money (poney). On s'est fait frenché par un mouton et on a trouvé ça dégueu. Et les gros chevaux qui hérissent (hénissent), c'est pas rigolo!!

Elle parle si bien d'habitude!! Elle avait un bon public pour dire des niaiseries, faut croire.. ;)

4.16.2005

Le papa d'Étienne

Le papa d'Étienne, je le vois souvent. Il habite dans mon quartier. On se croise souvent au Marché, chez Milano, dans la rue, mais le plus souvent, on se croise au parc. Il y va souvent avec Étienne. Mais je soupçonne qu'Étienne soit un prétexte pour pouvoir aller jouer au parc sans que les gens un peu parano croient que c'est un pédophile.

Le papa d'Étienne a un beau vélo. Et un banc pour Étienne. Comme nous. J'ignore où il habite, je ne l'ai jamais suivi.

En fait, on ne s'est jamais vraiment parlé. Mini C et Étienne se sont déjà échangé leurs microbes plusieurs fois, mais son papa et moi n'avons même pas échangé plus qu'un seul mot s'adressant directement à l'autre.

Pourtant, je sais que le papa d'Étienne a de la peine. Je le vois dans ses yeux quand mon regard croise le sien. Depuis quelques jours, quand il rit avec Étienne, il retient ses larmes. Ce n'est sûrement pas une coïncidence si depuis quelques jours, je ne vois plus la maman d'Étienne. J'aime imaginer que c'est la bitch de service qui l'a sacré là avec son fils.

Ça le rend encore plus charmant, le papa d'Étienne.